mercredi 11 novembre 2020


"Maman j'ai besoin de toi.
Maman amour aime-moi.
Maman prends-moi dans tes bras.
Maman amie aide-moi."
Gérard Lenorman




Une de mes amies va accoucher dans quelques semaines. Comme nous pour Maura, elle a décidé de garder le secret sur le sexe du bébé. Elle m'a demandé de l'aider à préparer ses achats notamment en termes de quantité de vêtements. Je me suis donc replongée dans les caisses des affaires de mes filles afin de regarder ce que j'avais. Or, je n'ai pas retrouvé leurs premières tenues. Je n'ai remis la main que sur le 3 mois et plus.

Je suis pathétique mais replonger dans ces petites affaires m'a fait de la peine et m'a rendu profondément nostalgique. J'ai conscience que c'était presque hier et pourtant j'ai l'impression qu'une vie a eue lieu entre temps.

Ne pas retrouver leurs premiers habits m'a brisé le cœur comme si j'avais perdu quelque chose de précieux. Une sorte de trésor inestimable !

Objectivement, ils ne doivent pas être loin. Probablement dans un sac ou dans une valise à la cave mais vous n'imaginez pas la claque que j'ai prise sur le coup. Mes larmes ont coulé, toutes seules, sans que je puisse me raisonner. J'ai descendu les caisses du placard une à une de manière frénétique en cherchant, fouillant et accessoirement mettant un désordre sans nom. Mais rien. Leurs affaires n'étaient clairement pas là.

La vérité c'est que dans cette petite situation anodine et qu'on se le dise ridicule, j'y ai vu sur le coup un signe et un message : "tu n'auras pas d'autre enfant !".

Je suis bonne pour l'asile, c'est un fait. Mais cela m'a rappelé une situation que j'ai déjà bien trop vécue et qui, pourtant, est peut-être la bonne cette fois-ci : la question du deuil de la maternité.




Depuis que je suis enfant j'ai toujours rêvé, espéré, imaginé avoir plusieurs enfants. Deux minimum. Et trois idéalement. Ne me demandez pas pourquoi... c'est comme ça, c'est tout !
Puis un jour on m'a dit que j'étais stérile que je n'aurais pas d'enfant biologique.
Puis finalement, grâce à une ange gardien, je suis devenue maman. 
Une autre fois, ma vie a été bousculée et j'ai commencé à faire le deuil de la maternité... jusqu'au jour où mademoiselle Maura s'est invitée sans que nous nous y attendions, créant ainsi, sans doute, la plus grosse surprise de ma vie et chahutant toutes mes certitudes. 
Dans mes projets idéaux, nous aurions tenté à nouveau l'aventure aux alentours du mois de juillet prochain. Ce mois nous a porté bonheur déjà deux fois. Et dans mes rêves, la famille se serait agrandie, pour enfin être au complet, quelques mois après.
Pour tout un tas de raisons diverses et variées, à commencer concrètement par ma "stérilité sur le papier", avoir un troisième enfant relève aujourd'hui plus de l'utopie que du doux rêve. Ni dans 6 mois, ni dans 12 et encore moins après.

J'ai une chance folle d'avoir deux merveilleuses petites filles pleine de vie et en bonne santé à mes côtés alors que rien n'était gagné. Je suis heureuse et comblée dans mon rôle de maman même si je morfle parfois, je me noie dans un verre d'eau souvent et qu'au quotidien je me plante et apprends sur le tas. Je suis dépassée mais gâtée.

Pourtant cela ne m'empêche pas de rêver, d'espérer et d'imaginer, aussi dingue que cela soit, un nouveau bébé qui grandirait au creux de moi.



Je devrais certainement commencer mon deuil de la maternité. Ce serait plus sage et plus raisonnable. Mais je ne suis pas prête. Pas prête à renoncer. Et même si je suis lucide et si j'ai parfaitement conscience d'être folle, je ne tire pas un trait définitif sur cette idée. Je ne sais absolument pas de quoi demain sera fait... si vous saviez ! Mais je décide de laisser à l'avenir et au destin, le bénéfice du doute et peut-être que je ne soupçonne pas encore la vie qui se dessinera demain devant moi...

En tous les cas, aujourd'hui je peux le dire et l'affirmer, je n'ai pas fait le deuil de la maternité et je n'en ai pas encore l'intention.
Je rêve donc officiellement et ouvertement de ce 3ème bébé !
Advienne donc que pourra...

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