lundi 10 août 2020

"Le gens se sentent seuls car ils construisent des murs
au lieu de construire des ponts."
Joseph Fort Newton



Personnellement lorsque j'entends "solitude", c'est un sentiment plutôt négatif  voire désagréable qui me vient à l'esprit spontanément.




Si l'on se fie au dictionnaire, la solitude est : " l'état, ponctuel ou durable, plus ou moins choisi ou subi, d'un individu qui n’est engagé dans aucun rapport avec autrui."






Quand j'étais enfant je préférais faire le pot de fleurs, sage et qui ne bouge pas d'un pouce, à côté des adultes plutôt que de me retrouver seule d'une quelque façon que ce soit. Par seule, j'entends principalement jouer avec ma tonne de jeux, de livres, de poupées et autres peluches dans ma chambre ou le jardin ! C'était inconcevable pour moi. Je ne savais pas faire d'ailleurs.



Adolescente, c'était la même chose. La solitude me paralysait et me terrorisait littéralement. Je la fuyais. Je la craignais. Je la redoutais. Je la pleurais. Et c'est aussi, je crois, à ce moment-là que j'ai commencé à compenser, à lutter contre elle notamment avec la nourriture. Il n'y avait rien de pire pour moi. Cela m'évoquait un véritable sentiment d'abandon, de manque et de souffrance. La solitude était un enfer pour moi et je choisis mon mot à dessein.

Pourtant, jusque-là et avec le recul, je réalise que cette solitude qui me bouffait à l'époque était toute relative. J'ai toujours été très bien entourée, j'avais juste une famille dans une autre région et une maman qui travaillait beaucoup. Je me faisais, je crois, une montagne de pas grand chose car certains absents me manquaient beaucoup. Je vivais sur une idée que je me faisais plutôt que sur la réalité.







Plus tard, les choses ont changé. Lorsque je suis tombée malade, j'ai fait une dépression et je me suis isolée de tout et tous. Je ne pouvais plus sortir de chez moi. Chaque sortie est devenue une épreuve, un calvaire redouté. Bien souvent je ne faisais pas 10 pas dans la rue avant de faire demi-tour par peur et par panique. J'ai, là, appris et compris ce qu'était véritablement la solitude. Cet isolement à la fois physique et psychologique avec autrui et quiconque essaye de rentrer en contact avec vous. Cette solitude profonde et perverse qui vous éloigne même de vous-même et vous plonge dans une sorte d'abîme sordide et néfaste. Elle est un cercle vicieux qui vous entraine plus loin, plus profond, plus fort et vous bouffe de l'intérieur car non seulement les autres sont loin mais vous n'êtes plus que l'ombre de vous-même. Elle est d'autant plus dangereuse qu'elle devient très vite une habitude dans laquelle on se complait et où l'on trouverait presque une sorte de réconfort voire de paix relative car il est évidemment tellement plus facile de se laisser aller que d'affronter ses démons et se battre.







Si j'ai longtemps vécu la solitude comme un problème voire une punition, mon rapport avec elle a aujourd'hui diamétralement changé. Je la cherche plus encore que je l'ai fuie il y a des années. Je l'espère et l'attends plus encore que je l'ai crainte ou redoutée par le passé. Maintenant non seulement je l'apprécie mais je l'attends, je la recherche et surtout, je la savoure et l'apprécie à sa juste valeur. Elle est devenue un refuge, une échappatoire, un besoin pour souffler, se reposer, se calmer, réfléchir et avancer au quotidien plus apaisée et sereine. Je pourrais presque dire qu'elle est devenue vitale ou du moins nécessaire. Elle est un luxe aussi mais un choix, un vrai choix bénéfique et positif.








Aujourd'hui je crois vraiment que la solitude a deux visages et que toute la nuance est de savoir si elle est choisie ou à contrario subie. Elle peut être aussi bénéfique, réparatrice et salvatrice que dangereuse, mesquine et vicieuse. Tout dépend finalement de quand et de comment.

Rechercher la solitude pour se régénérer et se retrouver soi-même peut s'avérer ultra positif voire nécessaire. Subir la solitude éloigné de tous ou pire, malgré la présence de quelqu'un (couple / amis / famille) peut s'avérer douloureux voire invivable.

Je crois que rien n'est tout blanc ou tout noir, que la solitude fait partie de ces sentiments complexes et contradictoires, difficiles à appréhender et surtout à apprivoiser. Quoi qu'il en soit, je crois qu'il faut y faire très attention et ne pas la prendre à la légère car la solitude peut aussi être un véritable cauchemar et que certains en souffrent beaucoup. Il est donc, à mon sens et quand c'est nécessaire, important de lutter contre elle et de faire tout ce qu'il est en notre pouvoir pour y palier. Elle peut être un véritable fléau, un poids à la cheville qui tire vers le fond, qui empêche la guérison ou provoque, entre autres, la dépression auquel cas elle peut être très dangereuse.


En attendant, aujourd'hui, je rêve d'un weekend seule, sans enfants, sans rythme, sans contrainte et libre comme l'air complètement déconnectée de la réalité ! Vive la solitude choisie !!!













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