mercredi 29 janvier 2020



La Catabase :  (du grec ancien κατάϐασις / katábasis, « descente, action de descendre »)
est un motif récurrent des épopées grecques, traitant de la descente du héros dans le monde souterrain, les Enfers.
C'est l'une des épreuves qualificatives les plus décisives de l'initiation et de la formation du héros épique. 

 

 
Je viens de terminer La Catabase de @jackjakoli et honnêtement je ne sais pas quoi en penser... Soulagée d’être arrivée au bout de cet univers si dérangeant, déroutant et écœurant ou frustrée car j’en aurais voulu encore, plus et plus loin ?

L’histoire démarre fort. Très fort même. Le décor est rapidement planté et le moins que l’on puisse dire c’est que dès les premières lignes le ton est donné, on sait où l'on va, ça ne fait aucun doute ! Aucun moyen de reculer non plus d'ailleurs car nous sommes immédiatement happés dans ce qui n'est autre que la lie de l'humanité.
 
Je n’ai pas eu besoin de tourner deux pages pour détourner le regard de ces lignes par pur réflexe et dégoût; signe pour l’amatrice de thriller noir que je suis, que ma lecture serait prometteuse et intéressante. Et en plus de faire le job que j’attendais, elle m’a aussi énormément surprise, bouleversée et clairement emmenée là où je ne m’y attendais pas.
 
Le début démarre effectivement très fort mais le talent de l’auteur réside, à mon sens, dans sa capacité à nous embarquer avec lui dans un univers bien plus complexe et plus vaste. On ne se cantonne pas à un seul crime affreux et disons-le ultra gore. Tout ce qui l’entoure est pire encore, surprenant parfois et à vomir souvent. L’auteur nous plonge dans les méandres d’un mécanisme complexe et savamment huilé où le pire, l’inimaginable, l’inavouable et l’inacceptable prennent vie. Entre darknet, enquête policière, limites du système judiciaire, perfidie et psychologies des personnages, on ne se limite pas à de l’horreur ou à de la barbarie.
 
L’écriture est facile, fluide, efficace, percutante, franche, incisive, parfois tranchante et surtout sans fioriture.
J’ai aimé le jeu d’écriture de l’auteur qui, grâce entre autres à des métaphores savamment choisies, nous dépeint des scènes et des personnages percutants et troublants, que l’on voit facilement prendre vie devant nos yeux au fur et à mesure que l’on avance dans la lecture.
Le rythme est effréné, on ne fait jamais de pause : les chapitres courts s’enchaînent dans une succession d’éléments et de rebondissements, de surprises, de pas en avant puis en arrière. On ne s’ennuie jamais. Il n’y aucun manque, ni aucun trop. La lecture est addictive ; il est impossible de lâcher ce roman et l’on veut savoir ! On doit savoir.
 
Ce livre met mal à l’aise, il dérange et même si j’avais pressenti la fin, cela n’a rien enlevé à ma surprise et à la claque ultime des dernières pages autant dans les faits et que dans la manière de la présenter.

C’est un premier livre et un pari largement réussis, intelligents, bien ficelés et bien menés. On sent clairement le vécu, l’empreinte du professionnel et c’est d’autant plus effrayant. D’ailleurs, maintenant que j’ai terminé ce roman, que je rédige cette chronique en relisant la quatrième de couverture, je me demande où se situe le vrai de la fiction. La limite entre les faits réels qui ont inspirés Jack Jakoli et l’œuvre de sa création et de son imagination. A bien y réfléchir je ne suis pas certaine de vouloir vraiment savoir... et c’est finalement pour ça, que j’ai adoré ce thriller.

 A bientôt Mr Jakoli. Je suis ravie d’avoir fait votre connaissance.
Je vous suivrai maintenant avec plaisir et j’ai hâte de vous retrouver
(et ce, même si vous employez le mot "savoir" à la place de "pouvoir" dans plusieurs de vos dialogues,
ce qui me hérisse le poil à chaque fois et me donne une furieuse envie de corriger ! ;-D).  
Merci pour ce chouette moment et un grand bravo l’artiste !

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