jeudi 17 octobre 2019

" Le devoir de la mère ne s'arrête pas avec l'accouchement, ni avec l'allaitement, ni au mariage;
non, l'obligation de la vraie mère continue tant qu'elle est vivante. "
Ahmadou Kourouma
 

Pour mon énième retour ici et à l'occasion de la semaine mondiale de l'allaitement marternel, j'ai eu envie de vous poster un article que j'ai écrit il y a un mois et que je n'osais pas poster. Finalement je me rends compte qu'il "défendre" l'allaitement c'est aussi exprimer ses limites actuelles pour essayer de faire tomber les freins et les barrières.
 
 
 
Le 17 septembre 2019
 
Sur les 10 derniers jours, deux des médecins que j’ai vus m’ont vivement conseillé voire intimé d’arrêter mon allaitement ! La pédiatre de ma fille étant pourtant plutôt pro allaitement mais au delà de 6 mois, il ne semble plus y avoir grand intérêt à ses yeux même si elle ne le dit pas clairement ainsi. Ma gynécologue, quant à elle, ne semble pas comprendre et estime que compte tenu des problèmes de santé dont je souffre en ce moment il serait préférable et plus simple d’arrêter.
 
Ma première réaction à chaud et intérieure a été : « Mais de quoi je me mêle bordel ?! » !
La seconde à froid, a été plus mesurée car d’un point de vue purement médical, ne sachant pas à quelle sauce je vais être mangée à l’avenir, il est peut être effectivement préférable de commencer à sevrer ma fille afin que les choses se passent en douceur...
Pourtant je n’ai ni l’envie ni l’intention d’arrêter notre allaitement et ce, pour plusieurs raisons :
  1. Ni elle ni moi ne sommes prêtes. Ce n’est pas le moment, je le sais et je le sens. Elle refuse de boire au biberon, que ce soit mon lait ou du en poudre.
  2. Commencer le sevrage aujourd’hui serait basé sur une option or avec des « si » on peut refaire le monde ou au contraire le condamner (la fin du monde le 12.12.12). La réalité c’est qu’on ne sait pas et que je n’ai pas envie d’agir aujourd’hui en partant du principe que demain n’ira pas, vous savez l’histoire du verre à moitié plein. Qui plus est, je sais que je serais capable de tenir le temps qu’il faudra pour ma fille et de faire ce qu’il faut pour que tout se passe le mieux possible si véritablement nous devons arrêter.
  3. Je suis peut-être égoïste sur ce coup-là mais ces moments à deux, peau à peau et les yeux dans les yeux sont des moments hors du temps, de paix, de calme et de sérénité qui, j’en suis convaincue, nous font le plus grand bien à toutes les deux. Une sorte de bouffée d’air et d’oxygène où plus rien ne compte à part ce lien qui nous lie. Si Charlie exprime de manière plus franche ses émotions du haut de ses 2 ans et demi, Maura sent tout autant les choses. Elle est également autant privée de sa maman. D’où l’importance de privilégier ces moments qui n’appartiennent qu’à nous.
Alors oui, pendant les périodes de crises je bouge dans tous les sens. Je change de position tant la douleur est forte. Mes larmes coulent sans que je puisses les contrôler. Il m’arrive d’écourter les tétées quand je ne peux plus tenir.
Oui, arrêter me permettrait peut être de me reposer davantage ou de moins me fatiguer.
Oui, les choses seraient peut être plus faciles et plus simples pour moi, partant du principe qu’elle accepte le biberon sans broncher et que cela ne joue pas sur son comportement au quotidien...
Pour autant ce n’est pas une option à l’heure actuelle pour moi !
 
Je me bats depuis sa naissance pour préserver cet allaitement auquel je crois. Auquel je tiens. Et croyez bien que je ne suis pas aidée.
 
J’ai refusé traitements et anti-douleurs. J’ai tiré mon lait après une anesthésie générale alors que j’étais épuisée et que je ne tenais plus debout.
Je me suis battue pour éviter tous produits et situations qui m’empêchaient de pouvoir allaiter normalement mon bébé...
Je me suis heurtée à des médecins incompréhensifs voire carrément exaspérés par mes questions et mes inquiétudes liées à l’allaitement.
J’ai du me contenter de « je ne sais pas » et de « vous n’avez qu’à arrêter » ou encore « si elle a faim elle boira un biberon » « elle ne va pas se laisser mourir de faim » et j’en passe... Et j’ai dû composer moi-même, trouver des solutions et me dépatouiller comme je pouvais avec mon mari pour poursuivre notre allaitement sans risque pour elle d’abord, et dans les meilleures conditions possibles ensuite malgré les contraintes !
 
Nous avons encore beaucoup de chemin à parcourir avec l’allaitement en France ! Et je désespère que les premiers à nous juger, à nous claquer la porte au nez soient finalement le personnel médical.
J’aurais tellement aimé être accompagnée et aiguillée pour mon bébé. Je ne demande même pas à être soutenue ou comprise dans ma démarche, c’est utopique à l’heure actuelle de mon point de vue. Mais juste respectée dans mes choix et mes envies et aidée pour ne pas mettre en danger mon enfant et faire ce qu’il y a de mieux pour elle, dans le respect de ses habitudes et de ses besoins primaires.
 
On va continuer autant que possible cette belle aventure mon bébé. Je te le promets. Je continuerai de me battre, de tout donner et de faire mon maximum. Et idéalement j’aimerais que, comme ta sœur, tu décides de toi-même d’arrêter, pour que tout se passe en douceur, simplement et naturellement pour toutes les deux. Je t’aime mon trésor et tu seras toujours ma priorité #majoliemaura.

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