vendredi 11 janvier 2019

 


Cela fait un moment que vous me posez des questions sur cette deuxième grossesse. Je reçois beaucoup de messages privés ainsi que sur mon parcours PMA et le lien cette fois-ci. Alors j'ai enfin pris le temps de rédiger cet article que vous me réclamez pour vous raconter comment cette deuxième grossesse est arrivée. Attention roman !


Une décision difficile à prendre 
 
Il y a un peu plus d'un an, je vous annonçais mon retour programmé en PMA, seule chance pour moi d'essayer de redevenir maman à nouveau et d'offrir un petit frère ou une petite sœur à Charlie. Les chances sont minces et faibles mais qui ne tente rien n'a rien - la preuve en est Charlie car je vous rappelle que sur le papier je suis stérile et qu'il m'est totalement impossible d'avoir un enfant biologique pour cause de préménopause et de réserve ovarienne quasi nulle. J'aurais pu être enceinte en passant par le don d'ovules sinon aucune chance. 
 
Le début d'année 2018 ne s'est pas passé comme nous le souhaitions. Les problèmes et déconvenues se sont enchaînés nous obligeant à nous concentrer sur d'autres choses. La question ne s'est naturellement plus posée   avec même, de mon côté, l'installation du processus de deuil de ma maternité. 
 
Puis finalement en juillet les choses ont commencé à se remettre en perspective. Monsieur et moi avions parfaitement conscience des difficultés que nous traversions mais aussi de cette épée de Damoclès au-dessus de nos têtes : chaque mois, chaque cycle était une chance de perdue et potentiellement le dernier des derniers anéantissant du même coup toutes nos opportunités de retenter le tout pour le tout pour être parents à nouveau.
 
Après avoir pesé le pour et le contre et avec l'envie de faire les choses au mieux et d'offrir le meilleur et toutes ses chances à ce bébé tant désiré nous avons décidé de couper la poire en deux : j'appelais ma gynéco pour prendre rendez-vous, relancer les examens et définir le nouveau processus immédiatement et attaquer  le tout à la rentrée. Aussi étions-nous prêts dès septembre  et profitions-nous des vacances pour souffler un bon coup, récupérer et être à bloc pour affronter traitements/ examens et tout le toutim ! Le rendez-vous était pris pour fin juillet. 
 
Parallèlement une amie m'a envoyé un adorable message pour me féliciter chaleureusement pour la belle nouvelle et l'annonce de ma seconde grossesse. Elle avait vu passer une jolie photo sur instagram d'une petite Charlie déroulant l'échographie de sa maman et annonçant l'arrivée prochaine d'une autre petite tête blonde dans sa famille. Évidemment il ne s'agissait pas de nous mais j'avoue avoir beaucoup souri de la situation et avoir été sincèrement ravie pour cette future naissance même si je ne connaissais pas les personnes concernées.


 
Stérile et enceinte naturellement 
 
Le mois de juillet s'est avéré éprouvant et l'attente du rendez-vous était un supplice. Je dormais mal. Je n'étais pas en forme du tout. J'y pensais constamment. Je piquais du nez en pleine journée. J'étais d'une humeur détestable, impatiente et irritable. Et puis j'ai repensé à ce sms. À la découverte de la grossesse pour Charlie et je ne pouvais que constater quelques similitudes dans mon état général tout en me rappelant cette phrase que je n'oublierai jamais "vous êtes stérile Madame. Vous n'aurez jamais d'enfant biologique !". Nous étions le samedi 28 juillet, deux jours avant mon rendez-vous gynéco.
 
Je décidais alors de tuer cette idée folle dans l'œuf sans mauvais jeu de mots et je descendais à la pharmacie en bas acheter un test de grossesse. Plus besoin de lire la notice pour savoir comment procéder et quand mais il était absolument hors de question d'attendre jusqu'au lendemain matin. Je remontais et filais donc directement aux toilettes. C'est idiot mais à ce moment-là je me suis sentie soulagée. Je savais que rien n'apparaîtrait et que je pourrais oublier définitivement cette idée en ôtant tout doute pour le moins déraisonnable et nourri par un espoir résolument naïf et ridicule. Je n'avais certes pas fait attention ou pris des précautions pour ne pas tomber enceinte mais c'était simplement impossible. La PMA était déjà un parcours du combattant sans aucune garantie de succès alors un simple câlin bien placé dans le mois, une pure folie utopique que même les bisounours n'auraient osé envisager. Le temps de me sentir sincèrement libérée de ce poids et soulagée, je jetais un coup d'œil nonchalant sur ce porte malheur et là "MERDE il y a une deuxième barre - quasi invisible - Mais elle est bel et bien là !" 
 
Je sais - par expérience malheureuse n'est-ce pas - qu'il n'existe pas de faux positif. Et loin de tirer des conclusions hâtives, je redescends immédiatement racheter un deuxième test pour vérifier ce résultat que je refusais d'interpréter sur le coup. Quelques interminables minutes plus tard et un demi litre d'eau avalé quasi cul sec, je retournais exploiter ce deuxième test réalisé dans des conditions pour le moins douteuses... voire idéales pour que ça ne fonctionne pas ! Mais non, même résultat et même seconde barre tristounette et pale mais bien présente. 


Une annonce au Papa au top du top !
 
Comme je suis une femme parfaite, créative et qui adore faire son petit effet j'ai préparé une chouette annonce pour Monsieur : j'ai pris mon téléphone sur le champ - appuyé sur FaceTime - je me suis agitée tel un singe hystérique pour lui dire de couper le son et se taire (sachant qu'il travaillait et était avec clients et collègues) et j'ai secoué mes deux tests devant la caméra, tests qu'il était totalement incapable de lire par écran interposé. Je n'ai pas réfléchi. J'ai agi par pure réflexe, je ne sais pas trop pourquoi au fond si ce n'est peut-être qu'il dise, lui, les mots que je refusais catégoriquement d'envisager même mentalement : j'étais peut être enceinte et naturellement ! Il m'a suffi de voir sa tête pour savoir que les mots ne sortiraient pas car lui comme moi étions ni plus ni moins sous le choc ! 
 
Jamais deux sans trois dit-on... je suis redescendue à la pharmacie racheter deux tests de marques différentes ! Ils m'ont prise pour une folle à la pharmacie mais voyez-vous c'était le cadet de mes préoccupations du moment. Il fallait que je vérifie à nouveau mais dans de meilleures conditions à savoir le lendemain avec les premières urines du matin. Autant vous dire que la grasse matinée n'était pas de rigueur ce jour-là et qu'à 7h30 j'ai sauté de mon lit en courant jusqu'aux toilettes. Quelques minutes plutard j'avais la confirmation du résultat de la veille : deux secondes barres pales mais incontestablement présentes ! 
 
Le dimanche nous fêtions mon anniversaire et j'étais là sans être là... Monsieur et moi nous sommes jetés des coups d'œil furtifs toute la journée sans prononcer les mots fatidiques. Nous attendions le lundi - la prise de sang et le rendez-vous qui devait être celui de la dernière chance. Lundi matin la prise de sang a confirmé les tests avec un très joli taux de BHCG Mais là encore impossible d'envisager le meilleur. 

 
 
Le rendez-vous tant redouté 
 
Je suis donc allée à mon rendez-vous et j'étais paralysée, je n'arrivais pas à lui dire ce que je soupçonnais et ce qu'annonçait la prise de sang que j'avais pris l'initiative de faire le matin même. Elle connaissait le motif de ma visite et je l'ai laissé m'expliquer ce qui m'attendait - mes chances et mes probabilités. Elle s'est montrée factuelle et réaliste mais m'a aussi rassurée en me disant qu'on était mal barrée mais qu'on allait tout essayer et faire au mieux ! J'ai alors glissé la main dans mon sac et je lui ai tendu ma prise de sang sans un mot avec un pauvre sourire et les larmes aux yeux comme si ma vie ou plutôt la configuration future de ma famille dépendait de ce putain de bout de papier !!! Elle l'a lu et m'a dit "on va voir ça. Vous passez à côté ? (Comprenez la salle d'examen).
 
Inutile de m'expliquer ce que je dois faire, où et comment me mettre. C'est devenu une habitude particulièrement désagréable mais inévitable. Position super agréable, gel congelé même en été, sonde qui vous laboure sans ménagement (Merci l'obésité et les conditions d'examen difficiles !) et pourtant j'ai savouré chaque instant de cette écho car même si je ne suis pas médecin je l'ai vu avant même qu'elle ne dise quoi que ce soit ! Il était, là ce petit bébé en devenir, niché au creux de moi et au bon endroit ! Je n'ai pas pleuré car je savais que si je commençais les chutes du Niagara n'auraient qu'à bien se tenir... mais j'ai respiré à pleins poumons pour la première fois depuis 2 jours je crois. Puis j'ai éclaté de rire en l'entendant me dire "encore une fois je ne comprends pas - médicalement c'est toujours aussi impossible mais je vous confirme que vous êtes bien enceinte ! Je devrais vraiment vous étudier de plus près!" J'ai alors répondu que je me fichais de savoir ce qu'elle comprenait ou pas et que je voulais juste savoir que tout allait bien et en effet tout allait bien ! Elle m'a confirmé que je serais à nouveau maman à première vue autour du 20 avril 2019, à confirmer ! 
 
Comme un coup de pied de nez au destin, deux ans allaient séparer ces deux bébés miracles en qui personne ou presque ne croyait. 
 
Je suis ressortie de ce rendez-vous avec une batterie d'examens longue comme le bras à faire mais le coeur plus léger que jamais. Et je pensais à ce qu'on m'avait annoncé et qui aurait pu briser ma vie, mes projets, mon couple et mon idéal de famille.
À toutes celles et ceux qui n'ont pas ma chance, qui attendent encore et à qui je souhaite le même bonheur indescriptible. Rien n'était joué et tout restait à faire mais les miracles n'arrivent pas qu'aux autres. Je crois qu'il ne faut jamais abandonner et toujours croire en ses rêves. Ne pas hésiter à bousculer nos médecins voire changer dans certains cas et franchir autant de portes que possible pour provoquer le destin. La nature est aussi mal faite que surprenante et si tout ça m'a appris quelque chose c'est que rien n'est figé dans le marbre et que nos corps disposent de ressources insoupçonnées et de surprises pour le moins étonnantes et déroutantes alors ne perdez pas espoir. Jamais. 

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