vendredi 11 août 2017

vendredi 11 août 2017
 
"Le plus complet abandon règne dans l'amour."
Louis Aragon


Parce que nous ne sommes pas que des parents, ce soir nous avions prévu une soirée à deux. Au programme : petit restau et film au cinéma. Rien de fou mais juste ce qu'il faut pour souffler un peu et se retrouver à deux. Je rêvais de cette soirée depuis des jours mais aujourd'hui, impossible de la laisser.
 
Pourtant elle était entre d'excellentes mains : celles de sa marraine et de son super tonton. Tous deux ont toute ma confiance. Sa marraine est complètement gaga et super avec les enfants. Le changement de couche pleine est encore un peu à travailler mais pour le reste c'est le top du top ! La Rolls-Royce des marraines et des nounous ! Quant à son tonton, il ne l'a pas choisie mais doit composer avec. Et à mon grand bonheur, j'ai bien l'impression qu'il a, lui aussi, été piqué par le virus Charlie. Il est d'une douceur et d'une tendresse incroyable avec elle et je crois qu'ils s'adorent tous les deux. Bref, ce n'est que du bonheur mais ça n'a pas suffi à me décider à sortir.
 
J'avais le sentiment de l'abandonner. Je culpabilisais d'avoir "envie" de m'aérer et de profiter sans elle alors qu'elle est mon rayon de soleil et mon bonheur au quotidien. Le pire étant que je suis intimement convaincue que ce petit break nous aurait fait du bien à toutes les deux, qu'elle n'en aurait pas été malheureuse et qu'au contraire, c'est important pour elle que nous ne soyons pas collées ensemble en permanence. Paradoxe quand tu nous tiens !
 
Dans ce cas présent toutes les excuses pour justifier ma bêtise sont bonnes :
- Je suis fatiguée. - C'est vrai mais rester ne me rendra pas plus reposée. -
- Elle a une infection aux yeux qui la dérange beaucoup et elle n'est pas au top. - C'est vrai aussi mais sa marraine est tout aussi capable que moi de prendre soin d'elle et de l'apaiser. -
- Nous n'avons pas vu beaucoup papa ces derniers jours. - Vrai encore mais je ne suis pas certaine qu'elle s'en rende bien compte encore. -
...

Alors que la vraie vérité, quoi que j'en dise, c'est juste que je n'avais pas envie de la laisser. Que c'est encore et toujours difficile pour moi de me séparer d'elle même quelques heures. Que cette idée suffit à me filer le bourdon. Et qu'aujourd'hui elle est légitimement ma priorité mais que je ne dois pas m'oublier.

Je suis et serais toujours sa maman quoi qu'il arrive. Je serais aussi là pour elle quoi qu'il se passe. Mais je suis aussi une femme et une épouse que je dois préserver et entretenir. Avec des parents heureux et amoureux, la demoiselle ne s'en portera que mieux. Pour autant, je ne me forcerai pas à la quitter sous prétexte qu'il le faut et que c'est bien. J'attendrai d'en ressentir l'envie et le besoin, je continuerai de profiter d'elle, de nos moments et de nos aventures en famille tout en gardant dans un petit coin de ma tête l'importance et la nécessité de me dégager du temps avec son papa.

En tous les cas ma tortue, ce soir, soit de tes 4 mois, je suis restée avec toi. Je t'ai câlinée, embrassée et endormie et nous nous sommes couchés en famille comblée.

 

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