mercredi 10 août 2016

mercredi 10 août 2016

" Le bonheur est un rêve d'enfant
réalisé dans l'âge adulte. "
Sigmund Freud

 
Le guide des couples infertiles
Cela fait plusieurs fois que je vous parle de PMA sans jamais vous avoir expliqué clairement ce que j'avais. Je vais tâcher de rectifier le tir aujourd'hui en étant aussi claire que possible sachant que moi-même je ne suis pas certaine d'avoir tout compris.
 
Vous pardonnerez le roman qui va suivre mais comme vous êtes nombreuses à me demander mon parcours précis ainsi que les traitements que j'ai pris, je vais le détailler, étape par étape. Si vous voulez le verdict final seulement, je vous épargne la tartine et vous donne rendez-vous à la fin du billet.
 
Comme je vous le disais ici et ici et encore , lorsque Monsieur et moi avons décidé d'avoir un bébé en novembre 2014, et après des années de pilule, j'ai décidé de me rendre chez mon gynécologue habituel. Il m'a dit d'arrêter la pilule le jour même et de nous laisser un an pour avoir un bébé sans prise de tête et sans contrainte. Un projet simple qui nous convenait. Nous n'étions pas pressés.

http://www.kopines.com/arret-de-la-contraception/
 
Je me suis vite rendue compte que mes cycles n'étaient pas réguliers et très capricieux. Un appel à son cabinet m'a rassuré puisque c'était parfaitement logique suite à plus de 10 années de contraception. Pas de quoi s'alarmer jusque-là. Très vite, ma grand-mère, mon pilier est tombée malade : une attaque cérébrale. Je suis restée au prêt d'elle plusieurs semaines, faisant des allers retours aussi souvent que possible mais relayant simplement mon couple et le projet bébé au second plan. Elle est décédée deux mois après, au mois de juin 2015. Le choc a été terrible et la perte un enfer.
 
En septembre, pendant nos vacances annuelles, je réalise que je n'ai pas été indisposée depuis... je ne sais pas quand exactement mais longtemps, trop longtemps, au plus tôt avant le mois de juin. J'appelle donc mon gynécologue qui me donne un rendez-vous par chance immédiatement puisqu'une place vient de se libérer. Il me donne une batterie de tests sanguins à faire, l'habituel frottis et me prescrit du Duphaston pour 3 mois à renouveler deux fois pour régulariser et discipliner mes cycles. Si dans 9 mois, en juin 2016 donc, il n'y a toujours pas de grossesse déclarée alors il me conseille de me rapprocher d'une de ses confrères, spécialiste de la fertilité. Il nous rassure, nous encourage et nous dit qu'il n'y a pas de raison. Le psychologique doit jouer et le choc du décès a du tout chambouler...
 
Je suis sceptique. Je commence à m'inquiéter. Ma santé est fragile, elle aussi capricieuse et je redoute le pire. Mais dès le premier mois, le Duphaston fait son œuvre et discipline mon cycle faisant réapparaitre comme par magie mes règles après des mois de désertion. Tout rentre dans l'ordre et se remettre comme par magie à sa place.
 
 
Le bonheur et le soulagement sont de courte durée car en février et malgré Duphaston rien ne va plus. En mars cela revient timidement avec des règles minimes de deux jours. Je sais et je sens que quelque chose ne va pas. Je ne tiens plus, j'appelle et je prends rendez-vous chez la spécialiste. La secrétaire m'annonce 6 mois de délais. Je m'en veux de ne pas avoir appelé avant mais je bloque un rendez-vous. Le temps que je m'auto-flagelle mon téléphone sonne, une place vient de se libérer pour dans quinze jours, la secrétaire avait mon numéro sous le nez et me le propose donc. Je le bloque on ne peut plus ravie.
 
Avril 2016, nous rencontrons la spécialiste dans un magnifique appartement transformé en cabinet du 8ème arrondissement de Paris. C'est un spécialiste réputée, chaudement recommandée qui plus est. Je lui explique que mes règles dont des leurs voire qu'elles se font carrément la male, qu'on essaye depuis un an et demi blablabla.... Elle commence par m'alerter sur mon poids. L'obésité et la maternité ne font pas bon ménage et ce peut clairement être la raison de tous ces dérèglements. Elle modère ses propose en m'expliquant qu'il faudrait perdre 10 kilos pour relancer la machine, pas plus. Elle nous prescrit tout un tas d'examens à tous les deux : bilans sanguins, échographie pelvienne pour moi et spermogramme pour Monsieur. Classique quoi ! Nous nous revoyons avec les résultats.
 
 
Dès lors que la prise en charge a commencé, les délais entre les rendez-vous sont réduits. Nous faisons tous nos examens et la revoyons au mois de mai. Elle m'explique qu'il lui faut impérativement les résultats sanguins et l'échographie pelvienne pour poser un premier diagnostic mais qu'ils ne doivent pas être faits par n'importe qui. Elle me conseille un labo - Eylau - et son collègue dans le même cabinet pour l'échographie.
 
Stressés mais armés de nos résultats sanguins, nous retournons au cabinet pour l'échographie à 14h et le rendez-vous avec la spécialiste à 15h pris depuis la dernière fois. Là la secrétaire réalise qu'elle s'est trompée et a oublié de nous mettre le second rendez-vous or le planning est archi plein. Je dois me décomposer devant elle car avant même que je dise quoi que ce soit elle me dit qu'elle nous prendra entre deux rendez-vous.
 
Nous patientons et je me ronge les sangs. L'échographie pelvienne ne s'est pas bien passée. J'ai dégusté. Il a eu beaucoup de mal à voir et à trouver mes ovaires et tout le bataclan. Il a émis des bruits, sifflements et grognements tous plus désapprobateurs les uns que les autres sans me donner d'explication. Je vous épargne les réflexions désobligeantes et déplacées. Quand je tentais des questions il m'intimait de ne pas bouger. J'ai quand même compris qu'il voyait des follicules ce qui me semblait déjà plutôt pas mal. Nous attendons et je sens Monsieur en colère. Il l'a détesté autant que moi. Nous ne parlons pas mais nous bondissons quand finalement on nous appelle. Nous nous asseyons et là le monde s'écroule quand, tout sourire et avec quasi désinvolture, "Je n'ai vraiment une bonne nouvelle. Vos résultats de sang Madame ne sont pas bons. Ils montrent que malheureusement vous êtes en pré-ménopause et donc stérile."
 
J'entends mais je n'écoute pas vraiment la suite. Je glane ici ou là quelques informations quand elles donnent des explications sur le fait que j'ai épuisé ma réserve ovarienne comme le montrent les taux d'hormones... que c'est génétique ou que je suis née simplement avec une réserve plus petite... que c'est très rare mais que ça arrive... Puis je l'entends parler de follicules absents et là, alors que je ne lui ai toujours pas donné le compte rendu de l'échographie, je me rappelle avoir dit "mais il y en a des follicules, votre collègue vient de nous le dire." Elle consent finalement à regarder cet examen qui était pourtant crucial pour déterminer un diagnostic et finit par ajouter "Vos résultats ne sont pas cohérents. Je me suis peut-être emballée et ce n'est peut-être pas si catastrophique que ça. Vous allez refaire les examens à J3 du prochain cycle ainsi que des examens génétiques." Elle nous a remercié, soulagé de plusieurs centaines d'euros et invité à reprendre rendez-vous pour, je cite, voir ce qu'il en est.
 
 
Je suis très rapidement passée par tous les états : d'abord le désespoir, puis la colère et enfin la peine en quelques heures. Puis j'ai immédiatement décidé que ce diagnostic était invraisemblable, que c'était une conne sans cœur absolument pas professionnelle et qu'il me fallait un autre avis. Je me suis donc rapprochée de mon généraliste qui a toute ma confiance depuis des années et qui m'a envoyée au médecin de sa propre fille qui elle aussi présente des problèmes d'infertilité mais qui a déjà eu une petite fille et qui est enceinte du second. Appel à ce nouveau médecin le jeudi pour un rendez-vous le samedi matin suivant compte tenu de l'urgence. Je suis aux anges. Je décide de mettre dans un coin de ma tête le premier avis et d'attendre calmement la suite. Finalement je me sens bien et plus que jamais prête à avoir ce bébé.
 
A ce moment-là, nos "très" proches au courant de nos démarches et diagnostics, n'ont, je crois, absolument pas compris ma façon de réagir. Je pense que j'aurais dû m'effondrer, fondre en larmes, m'apitoyer ou que sais-je encore à leurs yeux... Or j'allais étonnement bien. J'ai eu des bas, des très bas même mais globalement je gérais assez bien la situation. J'étais déterminée à la faire mentir ou du moins à ne pas abandonner, si tant est qu'il le faille, sans avoir tout essayé. Puis au fond de moi, je savais que nous aurions un bébé peu importe les délais et peu importe la façon. Je ferai tout pour réaliser mon rêve et j'y arriverai !
 
 
 
Le second médecin que nous avons rencontré, m'a paru plutôt froide au début. En revanche, je l'ai adorée car elle était factuelle, professionnelle, claire et précise dans ses explications. Effectivement mes résultats sont étranges et pas forcément cohérents. Effectivement mes taux hormonaux indiquent que je suis proche de la ménopause et ma réserve ovarienne bien inférieure à la moyenne, comme si j'avais plus de 40 ans en réalité. Malgré cela, elle me dit d'entrée de jeu que pour l'heure rien n'indique que je sois stérile et la nécessité de faire d'autres examens plus poussés pour déterminer précisément ce que j'ai. Conclusion, le temps joue contre moi, je n'en ai pas à perdre mais rien n'est encore perdu. On rentre dès maintenant officiellement dans un parcours de PMA en juin 2016, papiers envoyés à la SECU pour une demande de prise en charge à 100%.
 
Il nous a fallu 10 jours et annuler nos vacances (avec plaisir presque) pour faire tous les examens et obtenir les résultats : examens sanguins, caryotypes, échographie, hystérosalpingographie, échographie pour Monsieur aussi ... Au fur et à mesure que notre médecin recevait les résultats, elle nous a envoyé les résultats avec les premières conclusions. La première j'étais encore plus surprise que contente. Une fois, qu'elle avait tout à disposition et tout analysé le verdict est tombé : j'ai le syndrome des ovaires polikystiques, des problèmes voire une absence d'ovulation et une réserve ovarienne minable. Monsieur a quelques soucis mais rien de dramatique.
 
Elle nous propose alors de commencer immédiatement le traitement, sans attendre même l'aval de la sécu - de toute façon nous avions déjà dépensé une fortune mais le jeu en valait largement la chandelle. Dès le prochain cycle nous commencerons une stimulation ovarienne suivie de trois IAC - Inséminations Artificielles avec sperme du Conjoint puis 3 FIV - Fécondation In Vitro. Autant vous dire qu'après la stérilité, tout ça n'était que du bonus. Un miracle accueilli avec bonheur, joie et enthousiasme. J'avais hâte et même si c'est loin d'être facile tous les jours, je savoure la chance que j'ai d'avoir l'opportunité de tenter quelque chose.
 
Juillet 2016, le premier mois de traitement sous Gonal F s'est assez bien passé. Je me suis vite accommodée aux rendez-vous tous les 48 h au labo et aux échographies pelviennes. Monsieur m'emmène à 7h chaque matin pour la prise de sang et me soutient sans faille, un amour. Autant j'étais morte de peur car malgré les injections, absolument rien ne se passait. Je ne réagissais pas du tout. Mais enfin, au dernier moment, cela a fonctionné avec une injection quotidienne de 150 unités, un peu élevée mais je suis obèse donc légitime. Il y a bien eu ovulation ce mois-ci, à priori première fois depuis des siècles et maintenant nous savons sur quelles bases travailler pour le prochain cycle, enfin le second après les vacances donc fin septembre / début octobre.
 
Je vais mieux que jamais. Mon couple n'a peut-être même jamais été aussi soudé. Alors maintenant advienne que pourra.... mais si la cigogne veut filer un coup de main je ne dis pas non !
 
 
 

12 commentaires:

  1. Bonjour.je suis aussi opk.jai eu mon premier enfant apres un mois de traitement.pour le second jai deja fait 3mois sans succes mais jetais mal psychologiquement pour dautres raisons...jattends de remettre ma vie en ordre avant de repenser au bebe.
    Bon courage a toi! Ca va marcher!!!!

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    1. Bonjour Séverine,
      Merci de ton retour. C'est encourageant de voir que tout ça marche et ça remonte le moral. J'espère pour toi que ça ira vite mieux, que tu reprendras tout cela dans de bonnes conditions et que tu auras un merveilleux autre bébé ?

      Combien de temps entre tes deux essais ?

      Bises

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    2. Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.

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  2. Bonjour.je suis aussi opk.jai eu mon premier enfant apres un mois de traitement.pour le second jai deja fait 3mois sans succes mais jetais mal psychologiquement pour dautres raisons...jattends de remettre ma vie en ordre avant de repenser au bebe.
    Bon courage a toi! Ca va marcher!!!!

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    1. Bonjour Séverine,
      Merci de ton retour. C'est encourageant de voir que tout ça marche et ça remonte le moral. J'espère pour toi que ça ira vite mieux, que tu reprendras tout cela dans de bonnes conditions et que tu auras un merveilleux autre bébé ?

      Combien de temps entre tes deux essais ?

      Bises

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  3. Je suis également passée par là... 2 ans d'attente avant de pouvoir enfin prendre dans mes bras ce petit ange.je pensais que je ne serai jamais maman...stp ne perd jamais confiance. Je ne sais pas par qui tu es suivie mais si jamais tu es sur Paris...je ne peux que ton conseiller mon magicien..bon courage et plein de bisous

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    1. Merci pour ton petit mot. C'est ce genre d'expérience positive qui m'aide à continuer et me laisse entrevoir le bout du tunnel.
      Oui je suis bien en région parisienne. J'ai aussi un magicien, enfin je crois, mais je suis preneuse d'un nom avec plaisir.
      Merci beaucoup.
      Bises
      LM

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  4. Je tombe un peu par hasard sur ton article alors que je cherchais des informations sur la fertilité et je voulais te remercier même si je ne te connais pas parce que j'ai l'impression de lire mon parcours à moi. Je ne suis pas aussi avancée dans les démarches (comme toi je suis à Paris/Région parisienne), j'ai eu "la chance" de connaitre le labo Eylau (et quelque chose me dit que ce n'est que le début) et je me rassure en me disant qu'il y a des femmes de mon âge qui vivent la même chose que moi, que je ne suis pas seule et c'est important de le voir et le comprendre.
    Mon erreur à moi a été d'aller directement voir un gynéco à l'hôpital qui donne des RDV tous les 6 mois ... Prochaine étape; j'ai RDV fin septembre avec mes résultats en tout genre (bilan hormonal, spermogramme de Monsieur et hystérosalpingographie ...) et on va voir ce qu'il nous dit. J'appréhende énormément et l'attente me bouffe. Je vais continuer à te suivre et t'encourage de toutes mes forces dans ces moments!

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    1. Bonjour Sarah,
      Désolée pour me retard de réponse, j'étais en vacances.
      Merci pour ton mot et je suis ravie que tu sois arrivée ici.

      Effectivement au début j'étais très pudique face à ce parcours atypique et effrayant et puis finalement en allant sur Internet, en cherchant des témoignages et des expériences je me suis dit que je pouvais peut être aussi apporter certaines réponses à d'autres et surtout offrir la possibilité d'échanger sur le sujet1.
      Je pense bien à toi pour ton rdv. J'espère que vous avancerez et que vous aurez des réponses à vos questions.
      N'hésite pas à me contacter si besoin. Je te dis un gros MERDE en attendant et surtout surtout quel que soit le verdict sache qu'il n'y a aucune science exacte en gynécologie et que tout est possible.
      Bises
      LM

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  5. Bonjour ! J'espère que tes vacances ont été reposantes et ensoleillées ! Merci de ton petit mot qui met du baume au coeur, mon RDV est lundi prochain, je passerai par là te donner des nouvelles et continuer à te suivre, je pense qu'il est vraiment important de s'entourer de personnes qui connaissent/vivent cette histoire de près ou de loin afin de se sentir plus comprise. Bon courage à toi pour la reprise !

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    1. Les vacances sont toujours trop courtes et le retour difficile mais c'est une question d'habitude ;-).
      J'ai hâte de lire de tes nouvelles et j'espère qu'elle seront bonnes mais à nouveau quoi qu'on te dise il y a tjs de l'espoir, des solutions, des moyens et des miracles alors même si c'est difficile garde ça en tête pour tenir.
      je serais là quand tu auras besoin. Je suis aussi sur Instagram si tu veux échanger n'hésite pas.
      Bises merci et bon courage à toi.

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  6. T'es trop gentille, merci ça me touche beaucoup ! Je te "suis" sur Instagram depuis ce matin, donc tu devrais me retrouver facilement, hâte de lire de bonnes nouvelles de ton côté aussi, et comme tu dis il faut toujours avoir de l'espoir, on l'aura notre enfant j'en suis sûre ! Bisous à toi !

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