jeudi 21 juillet 2016


" La pudeur est un progrès de l'exhibitionnisme des singes. "
Rémy de Gourmont
                
http://jeveux1bebe.com/

La mission bébé s'accompagne de grands questionnements lorsque l'on commence la PMA et la pudeur est un des premiers auxquels j'ai été confrontée bien malgré moi.

Habituellement je ne suis pas quelqu'un de pudique lorsqu'il est question d'évoquer ma vie. Je n'ai rien à cacher et j'ai toujours tendance à faire confiance aux gens que je rencontre donc je n'ai aucun problème à parler. Parler de mon vécu, de moi ou de mes sentiments. Du moins en théorie, car je choisis avec soin ce que je dis et surtout ce que je ne dis pas. Je suis même passée maître dans l'art de dissimuler mes démons et il n'existe que très peu de personnes sachant déchiffrer le masque que j'arbore au quotidien.
Vivre la PMA, c'est aussi apprendre très, très, très, très vite l'art de faire semblant que tout va bien alors qu'en réalité, le plus grand combat du monde se joue au même moment dans sa tête, dans son cœur et plus concrètement encore au fond de nos entrailles...

Je suis en revanche beaucoup plus pudique physiquement. Aucun problème à me mettre en maillot de bain (malgré les kilos en trop, les bourrelets disgracieux et autre cellulite parfaitement marquée) mais grande zone de confort à ne dépasser sous aucun prétexte. J'ai beaucoup de mal lorsque les gens que je ne connais pas, peu ou qui ne me sont pas proches, se sentent obligés de se coller à moi, de me toucher lorsqu'ils me disent bonjour (encore plus s'il s'agit du visage) ou ont subitement l'envie de me prendre dans leurs bras sous des prétextes obscurs... A contrario, je suis quelqu'un d'extrêmement tactile. J'adore faire des câlins à ceux que j'aime ou faire des nœuds dans les cheveux de ma bff (ne cherchez pas, il vaut mieux ne pas comprendre !) mais là encore je choisis de qui je m'approche et de qui je me laisse approcher, pour le reste, une bonne distance s'impose !



Autant vous dire que j'ai dû revoir mes préoccupations de distance et de zone de confort à la baisse sous peine de crises de nerfs à répétition puis que le supplice annuel de l'examen gynécologique se transforme en jouissances hebdomadaires voire quotidiennes ! Nous sommes gâtées n'est-ce pas ? En tous cas, celui ou celle, quel qu'il soit et où qu'il soit, qui joue à l'apprenti sorcier avec nous et nos appareils reproducteurs est un sacré salop farceur ... Toujours est-il que nous devons nous plier de bonne grâce aux intrusions gynécologiques, touchers vaginaux, radios des trompes (hystérographie / hystérosalpingographie - oui il faut bas +12 pour écrire et dire ce mot sans bégayer mais on l'apprend et le retient avec une facilité déconcertante !), échographies pelviennes et autres prélèvements en tous genres... Dès lors, nous disons adieu à notre pudeur !

Afin de sauvegarder un minimum de dignité et de confiance en nous, nous faisons le bonheur de nos esthéticiennes ou des marchands de cosmétiques rayon épilation ! Même s'il parait que ça ne dure qu'un temps, au début de la PMA nous avons à cœur d'être aussi impeccable que possible... Nos épilations ne s'espacent plus d'un mois mais de deux à trois semaines grand maximum histoire de faire illusion. Ce pourrait être une bonne chose pour ces Messieurs me direz-vous mais non ! Il parait que la libido prend son amie la pudeur par la main et s'en vont très vite faire une balade ensemble loin de nos chambres à coucher. Rassurez-vous, elle revient et excelle aussi dans l'art de faire semblant dès que le médecin, la température, la prise de sang et/ou le test d'ovulation exigent d'œuvre dans ce sens... Sans commentaire !

Blague sarcastique à part, notre pudeur est mise à rudes épreuves lorsque les examens sont quotidiens et douloureux. Je crois que l'on ne s'habitue jamais vraiment à voir une personne, autre que nos hommes naturellement, passer du temps entre nos jambes à farfouiller à l'intérieur. Partant de là, il me semble que l'important est de choisir avec soin son médecin et de lui faire confianceD'emporter avec nous une bonne dose d'humour et relativiser parce que ce n'est pas agréable mais ce n'est pas si grave non plus... Pour affronter ces difficultés et ces petites humiliations - n'ayons pas peur des mots car bien qu'idiot, c'est ce que nous ne pouvons nous empêcher de ressentir parfois - il ne faut jamais perdre de vue l'objectif et le pourquoi nous sommes là : réaliser notre rêve d'être parents et d'un jour pouvoir serrer dans nos bras l'être le plus merveilleux du monde qui nous fera tout oublier...

https://jaiprischer.com/category/ca-y-est-on-est-enceinte/   (ou pas !!! )

 
Et puis franchement, c'est un bon entraînement
puisque la pudeur disparaît totalement dès que l'enfant est là !
Alors à quoi bon finalement ?

 

1 commentaire: