dimanche 18 octobre 2015

dimanche 18 octobre 2015
 
" Le destin mêle les cartes et nous jouons. "
Thomas Woodrow Wilson


 
Nouveau jeudi passé = nouvelle sortie au cinéma entre filles. Cette semaine nous avons opté pour un Woody Allen que d'ordinaire nous n'aimons pas particulièrement ni l'une ni l'autre. Nous avons du mal avec son cinéma et son univers. Bien que nous lui reconnaissons toutes les deux du talent, nous n'adhérons pas à son art. Et pourtant la bande annonce de son nouveau film nous a intriguées. Nous tentions donc notre chance avec L'Homme irrationnel fraichement sorti dans les salles.
 
Résumé :
Nous avons donc fait la connaissance du professeur Abe Lucas qui débarque dans une petite université américaine pour le semestre d'été, largement précédé de sa sulfureuse réputation. Brillant professeur et écrivain de philosophie, il est aussi connu pour ses frasques, son alcoolisme et ses nombreuses conquêtes féminines, étudiantes y compris. Lorsqu'il rencontre la jeune, jolie et talentueuse Jill Pollard, sa vie est au point mort et n'a plus aucun sens. Il n'est plus rien, plus capable de rien. Au hasard d'une de leurs nombreuses rencontres, ils vont épier la conversation d'une femme désespérée dont la vie tourne au cauchemar. Jill sous le charme de son professeur tourmenté est non contente de pouvoir lui montrer qu'il n'est pas le seul dans une période difficile et espère ainsi lui redonner espoir. Abe a alors une sorte de déclic qui le sort de sa tourmente. Il va d'un seul coup ouvrir les yeux et donner un nouveau sens à sa vie. Il poursuit dorénavant avec bonheur et enthousiasme un objectif concret, s'ouvre aux autres et s'autorise enfin à vivre une histoire d'amour...
 
 
Mon avis :
L'on reconnait bien la patte de Monsieur Woody Allen tant dans le scenario que dans la réalisation de ce film et pourtant je le trouve beaucoup plus "abordable" qu'à l'accoutumée bien que toujours largement "décalé".
 
Il s'interroge comme à son habitude sur la vie et ses émotions. Il dépeint avec justesse et complicité la vie de cet homme mal dans sa peau et au bord du suicide tant social qu'intellectuel. Par opposition, il fait une démonstration éblouissante de toute la naïveté, la légèreté et la passion dont font preuve les jeunes filles de bonnes familles.
 
Il oscille avec brio d'un genre à l'autre et ne fait aucun choix entre comédie, comédie romantique, film policier, suspens et thriller dont il utilise les codes majeurs pour servir son intrigue. Il nous balade tout au long du film sans nous perdre en route et nous passons volontiers de l'un à l'autre pour avancer avec les personnages dans l'histoire entre rire et compassion.
 
Il n'hésite même pas à faire l'apologie du mal - dont il trouble clairement les limites et la définition - pour obtenir une porte de sortie, une réponse à ces tourments et un nouveau souffle pour une vie prometteuse et pleine d'avenir.
 
Quant à eux, Joaquin Phoenix et Emma Stone survolent tous deux leurs rôles à merveille. Ils sont justes, précis, à la fois torturés et passionnés. Leur duo un tantinet atypique et réellement touchant fonctionne parfaitement. Il apporte la noirceur et la tourmente alors qu'elle incarne la douceur et l'enthousiasme. Il est dépressif et déprimant alors qu'elle se délecte de la vie et de ses subtilités avec espoir et avidité.
 
 
La fin est sans doute le clou du spectacle où le tragique logiquement attendu laisse place à l'humour, au cocasse et à l'ironie du sort faisant un incroyable pied de nez au destin du professeur Abe Lucas.
 
Avec son dernier opus, Woody Allen me réconcilie un peu avec son cinéma même si pour moi ce film est bien plus "réaliste" et moins "perché" que ce que je n'aime habituellement pas chez lui. C'est un film que j'ai aimé. Je n'irai néanmoins pas vous le conseiller comme le film de la semaine à ne pas rater.
 
 
 

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